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Revolution

Dans cette recherche, nous essayerons de répondre a la question, quelles sont les raisons du déclenchement de la révolution égyptienne en janvier 2011. En guise d’introduction, nous pouvons définir le terme “révolution” pour éliminer toute ambiguïté. Selon Malia , autrefois, une révolution sous entendait un “retour au point d’origine” en référence à un ordre ancien “idéal”. Mais avec le temps, notamment après la révolution anglaise et française, le terme a évolué; il signifie actuellement un “changement politique, dans le sens d’un nouveau départ et l’inauguration d’une société nouvelle”. Les démonstrations qui ont eu lieu en janvier 2011 avaient ce but de changement politique, d’où leur revendications concernant le départ de Moubarak. Le résultat par contre n’était pas une “société nouvelle”. La définition de Malia est donc trop optimiste pour le cas égyptien, mais elle nous permet de comprendre le but initial de ce mouvement.

Les raisons que nous examinerons seront nombreuses, mais il faut noter qu’elles ne sont pas les seules à avoir potentiellement déclencher les événements qui ont abouti à la révolution. Il existe certainement d’autres combinaisons de circonstances qui ont contribué à la succession des événements, mais dans cette recherche nous nous focaliserons sur les raisons les plus importantes et les plus étudiés. Nous baserons notre recherche sur plusieurs papiers qui ont étudié l’ère Moubarak et sa fin (voir bibliographie). Les raisons que nous analyserons seront économique, politiques, sociales et sécuritaires.

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Raisons économiques :

L’ère Moubarak, surtout les dernières années, étaient caractérisées par des inégalités sociales. Plusieurs chercheurs parlent de la baisse du pouvoir d’achat, et du chômage comme des facteurs importants de la mobilisation. Les disparités entre les classes sociales augmentaient : l’économie égyptienne semblait en bon état, avec un taux de croissance du PIB de 6%, mais la population devenait de plus en plus pauvre, avec environ 50% vivant avec 2$ ou moins par jour . La corruption était un facteur important aussi, puisqu’il était devenu “la norme” dans tous les institutions publiques, avec le clientélisme.

Raisons politiques :

En parlant de corruption, il faut noter qu’elle était présente dans la sphère politiques également. Trois facteurs peuvent être considérés comme des motifs des protestations. Chronologiquement, la volonté du régime Moubarak a passer le pouvoir à son fils était devenu un projet concret dans les dernières années avant 2011. Gamal Moubarak est entré dans le milieu politique à travers le PND en tant que secrétaire général adjoint, en préparation aux élections présidentielles de 2011. Cela inquiétait la société civile, qui était fortement contre cette succession.

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Ensuite, les élections parlementaires de 2010, qui étaient un vrai scandal, par les résultats clairement truqués. C’était un parlement où le parti national démocrate occupe 420 sièges laissant 69 sièges à quelques députés “indépendants” du NPD et seulement 15 sièges à l’opposition. En d’autres termes, le NPD occupait 93″,3% des sièges, contre 3% des opposants politiques, laissant le reste aux candidats indépendants . Malgré la victoire aux élections, le régime égyptien n’a pas réussi à remédier à sa faiblesse fondamentale: la faillite de sa légitimité.

Enfin, un élément important, qui est venu en dernier, est les vagues de protestations qui ont eu lieu dans plusieurs pays du moyen orient, notamment en Tunisie. Les protestations en Tunisie ont eu un “effet domino”; et s’est transformé en ce qui été appelé “le printemps arabe” par les médias. “Le départ du Président Ben Ali transforma leur perception quant aux possibilités de changement dans leur propre pays” . Avec la montée du mécontentement public envers les politiques du gouvernement, et en voyant des mouvements de protestations réussir à éliminer un président comme Ben Ali, la société civile a pris cette opportunité pour présenter leur revendications. Pendant les premiers jours a la place Tahrir, les revendications étaient centrées sur la contestation de la volonté de Moubarak de transmettre le pouvoir à son fils, et la violence employée par les forces de l’ordre et la police, à la revendication d’une justice sociale, de droits pour les pauvres, de mesures contre la corruption et d’une réforme démocratique globale.

Raisons sociales :

Nous examinerons à présent le rôle important de la société civile, des jeunes étudiants et les mouvements d’ouvriers dans le déclenchement des protestations de janvier. Le 25 janvier n’était pas la première fois que des démonstrations aient lieu a la place Tahrir. Le 20 mars 2003, de jeunes se sont trouvés là bas, pour se montrer contre l’invasion de l’Irak. Ces manifestations ont été l’aboutissement du mouvement des étudiants des universités du Caire, d’Alexandrie et de Mansoura, qui se sont formés pendant l’Intifada d’Al-Aqsa en septembre 2000 pour la soutenir les revendications des jeunes palestiniens, et protester contre les positions officielles du régime en Égypte . Un autre groupement politique a été créé en juillet 2004, s’appelant Kefaya, qui avait un rôle important. Ils organisaient des démonstrations, même si elles étaient de participation peu nombreuse, mais elle leur a gagné le droit de négocier avec le gouvernement, même si juste au niveau de la rue avec des chefs de sécurité. Cela était plus que ce que «chefs de partis d’opposition» arrivaient à accomplir.

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D’autres mouvements comme les grèves ouvrières, en 2006 et 2010, “ont souligné l’acuité de la question sociale et l’échec des politiques économiques du régime” . De ces mouvements, s’est créé le mouvement des jeunes du 6 Avril, et s’est formé dans certains secteurs de syndicats indépendants actifs dans les différentes mobilisations. Pour les syndicalistes, la mobilisation du 25 janvier leur a permit de présenter leurs revendications. Ils ont même annoncés la création d’une fédération de syndicats indépendants regroupant quatre syndicats le 30 janvier 2011.

Raisons sécuritaire :

Égypte avait des problèmes sécuritaires importants, mais les plus importantes étaient au sein du pays lui même avec les forces de la police, plus que des attentats extérieures ou terroristes. L’État d’urgence a été imposé en Égypte après l’assassinat du président Anouar al-Sadate en 1981, et a persisté pendant les 30 années de la présidence Moubarak. Cette loi limitait les libertés publiques, et donnait des pouvoirs élargis à la police en matière d’arrestation et de détention, et permet le renvoi devant des tribunaux d’exception. Sous cette loi, les violations des droits de l’hommes étaient nombreux, à l’exemple de la torture systématique dans les stations de police, et dans la rue en cas de soupçons. Un autre événement a également ajouté aux tensions avec les forces de l’ordre. La mobilisation de masse sur Facebook en réaction à la mort sous la torture, De Khaled Saïd, en juillet 2010, a touché des milliers de jeunes dans toute l’Égypte , et a mis l’accent sur le problème de la violence employée par la police sous Habib Al Adly.

Moins de deux semaines après le discours inaugural de Moubarak au Parlement, une explosion survenue dans une église copte a fait près d’une vingtaine de victimes chrétiennes. L’attentat meurtrier contre l’Église des deux Saints à Alexandrie la nuit du 31 décembre a fait descendre pour la première fois des milliers de coptes dans la rue. L’ancien ministre égyptien de l’Intérieur, avait déclaré le 23 janvier 2011 que des preuves désignaient l’armée de l’islam basée à Gaza en tant que exécuteurs de l’attaque. En même temps, divers rapports affirment que Habib El Adly a lui-même été impliqué dans les attentats à la bombe, pour avoir un motif de prolonger l’État d’urgence.

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Toutes ces raisons n’auraient pas eu les mêmes effets, sans le facteur important de l’internet et des réseaux sociaux. “Grâce à Internet, un nouvel élan est alors donné au mouvement du changement par ces jeunes des blogs et de Facebook” . Les mouvements ouvriers et de jeunes ont eu une “visibilité” grâce à leur accès aux réseaux sociaux, pour la coordination et pour médiatiser leurs demandes à leurs propres termes, sur une grande échelle. C’était un moyen d’échapper aux discours fourni par les médias officiels du gouvernement. Les blogs était un moyen fréquemment utilisé par des activistes égyptiens, il ont été utilisés pour diffuser des appels à mobilisation comme ce fut le cas lors du 6 avril 2008. Facebook surtout a eu un grand rôle dans l’appel aux manifestations du 25 janvier, a travers la page “Kolena Khaled Saïd”. L’Internet avait un rôle si important que le gouvernement avait décidé de le “couper” dans tout le pays pendant plusieurs jours, pour rendre la coordination du mouvement plus difficile.

Nous pouvons à présent conclure qu’il y a eu des raisons diverses pour le déclenchement du mouvement révolutionnaire de 2011. Il y avait des raisons récentes comme le parlement de 2010 et la mort de Khaled Saïd, mais il y avait également de raisons structurelles du régime lui même, comme l’État d’urgence, et les inégalités économiques.

Il faut noter que le terme “révolution” est souvent employé imprudemment, nous pouvons même argumenter que les événements de janvier 2011 ne peuvent être qualifiés de révolution, mais de soulèvement politique ou turbulences politiques. Nous pouvons également débattre sur les raisons de ces événements, et si c’était un mouvement “inévitable” ou que le rassemblement de toutes ces circonstances dans un cadre temporel spécifique était nécessaire pour produire cet effet. Il faut donc avoir un esprit critique en étudiant des événements pareils et ne pas succomber à la facilité des catégories toutes prêtes pour l’analyse.

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